Ciné-club Coffignon - It's a wonderful life

La période de Noël est le moment idéal pour voir ou revoir It's a wonderful life de Capra. Chez Coffignon, une pièce est dédiée au cinéma.




FICHE TECHNIQUE

​Titre original

It's a wonderful life

Genre

Comédie sentimentale

​Nationalité

Américaine

​Durée

2h10

​Réalisateur

Frank Capra

​Scénaristes

Frances Goodrich, Albert Hackett, Frank Capra, Jo Swerlin

​Interprètes

James Stewart, Donna Reed, Lionel Barrymore, Henry Travers


SYNOPSIS


En cette nuit de Noël 1945, montent de la petite ville de Bedford Falls des prières pour le salut de George Bailey qui est au bord du désespoir et du suicide. Les autorités célestes décident d'envoyer Clarence, un ange de seconde classe (il n'a pas encore obtenu ses ailes) pour s'occuper de lui. Mais il faut qu'il soit informé sur la vie de celui qu'il va secourir, et il s’enquiert de la connaître.


Ce conte veut souligner la solidarité de tous les hommes et en fournit, dans son intrigue, une démonstration aussi étincelante qu'émouvante.




POINTS DE REPERES


Alors que le film est ignoré lors de sa sortie, il est rediffusé chaque année à Noël sur les écrans de télévision américains depuis l'expiration de son copyright. La vie est belle est souvent considéré comme une bluette à la gloire de l'Amérique traditionnelle, alors qu’il recèle des trésors d’analyse critique, notamment celle de la vie provinciale et de son étroitesse. Le personnage joué par James Stewart est aussi le portrait d'un dépressif aux tendances suicidaires, élément souvent ignoré par le public. La force de Capra réside dans cette faculté à créer une histoire à deux niveaux de lecture. D'un côté une situation dramatique, de l'autre un feu d'artifice de joie amoureuse.




CHEF D'OEUVRE HUMANISTE


Venant se placer de lui-même sous l'invocation de Leo McCarey que Capra considéra toujours comme un maître, ce conte de Noël est le film le plus riche et le plus complet de Capra. Il combine non seulement la comédie et le drame mais fait appel au romanesque, à la poésie et même au fantastique pour relater l'histoire d'une destinée reliée, au sein de la communauté où elle se déroule, à toutes les autres destinées de cette communauté et par extension à celle de l'humanité tout entière. Le propos du film est d'ailleurs beaucoup plus de raconter l'histoire de ce lien que celle d'un individu.


Dans les trois premiers quarts du film, Capra se révèle habile, prenant, parfois touchant. Dans le dernier quart, il se surpasse et le spectateur s'aperçoit qu'il n'a pas seulement affaire à un excellent film, comme Capra en a réalisé beaucoup, mais à un chef-d'œuvre. Ce dernier quart du film amène le spectateur -ainsi que le héros- à revoir ce qui s'est passé jusque là dans une autre lumière et sous un autre point de vue. En permettant au héros de contempler pendant quelques instants un monde où il ne serait pas né, Capra (et son bon ange Clarence) l'obligent à sentir le caractère irrémédiable de chacun de ses actes. Comme, pour la plupart, il s'agit d'actes utiles et inspirés par le bien, le fait de les supprimer de la surface de la terre devient une véritable catastrophe. Mais, au-delà de la bonté du personnage, c'est bien le caractère de responsabilité absolue et infinie de chaque action humaine qui est ainsi démontrée à travers l'infinité des relations en chaîne qu'elle a déclenchée.





FRANK CAPRA


Né en Sicile, Capra émigre en Amérique avec une partie de sa famille qui s'installe en 1903 à Los Angeles. Frank Capra débute sa carrière cinématographique en 1921 en mettant en scène des poèmes. Il entre ensuite comme gagman pour le célèbre feuilleton "Our Gang", avant de devenir scénariste.


Il remporte en 1934 l'Oscar du meilleur réalisateur avec la comédie romantique New York-Miami. Il accède à la célébrité et enchaîne les succès, parvenant à imposer à Hollywood la vision du réalisateur en tant que maître d'œuvre. Capra dirige un grand nombre de films prônant des valeurs humanistes, sociales et morales, dans lesquelles un personnage discret et idéaliste parvient à s'opposer à des hommes puissants et cyniques. L'Extravagant Mr. Deeds, Vous ne l'emporterez pas avec vous (qui lui valent deux nouveaux Oscars pour sa réalisation) et Mr. Smith au Sénat font partie des plus connues de ces fables morales.


Pendant la Seconde Guerre mondiale, Frank Capra sert dans les Transmissions de l'US Army, au grade de major. Comme colonel, il reçoit la Distinguished Service Medal en 1945. Peu après la guerre, désireux de s'affranchir des grosses machines hollywoodiennes, Capra fonde avec George Stevens et William Wyler une compagnie indépendante, la Liberty Films. Capra réalise en 1946 La vie est belle avec James Stewart.




NOMINATIONS ET RECOMPENSES


Capra fut nommé pour l'Oscar du meilleur réalisateur en 1933 pour La Grande Dame d'un jour, remporta la statuette en 1934 pour New York-Miami, en 1936 pour L'Extravagant Mr. Deeds et en 1938 pour Vous ne l'emporterez pas avec vous. Il fut nommé à nouveau en 1939 pour Mr. Smith au Sénat et en 1946 pour La vie est belle. New York-Miami et Vous ne l'emporterez pas avec vous remportèrent aussi l'Oscar du meilleur film.


New-York Miami a remporté 5 oscars : meilleur film, meilleures interprétations masculine et féminine, meilleure mise en scène et meilleure adaptation scénaristique (record inégalé à l'époque et qui ne le sera pas avant 40 ans). New-York-Miami est le prototype standard de la comédie romantique américaine. Il est également considéré comme le film fondateur de la Screwball comedy (« comédie loufoque »), genre qui consistait en une adaptation pour le cinéma parlant des schèmes du film burlesque muet dont il continuait la logique.