Ciné-club Coffignon - Singin' In The Rain


Chez Coffignon, la nostalgie est omniprésente et revisitée.


Chantons sous la pluie est le film nostalgique par excellence. Il présente la fin des années 1920 comme un âge d’or, dont il tourne affectueusement en ridicule les habitudes, personnalités et les goûts musicaux, tout en racontant les bouleversements de l’industrie du film. Chantons sous la pluie est devenu un objet de nostalgie lui-même depuis sa sortie. Il a été classé en 2007 à la cinquième place du top 100 des meilleurs films, établi par l'American Film Institute. Il apparaît par ailleurs de façon récurrente dans tous les classements des meilleurs films de tous les temps.



FICHE TECHNIQUE

​Titre original

Singin' In The Rain

Genre

Film musical

​Nationalité

Américaine

​Durée

​1h03

​Réalisateur

Stanley Donen, Gene Kelly

​Scénariste

Betty Comden, Adolph Green

​Interprètes

Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O'Connor, Jean Hagen

SYNOPSIS


1927, dans les studios de la Monumental Pictures à Hollywood. Don Lockwood (Gene Kelly) et Lina Lamont (Jean Hagen) forment le couple phare du cinéma muet. Adulés du public, perpétuellement amoureux à l'écran, en réalité ils ne s’aiment pas. L'arrivée du cinéma parlant provoque un drame ; malgré son port de reine, Lina a une voix de crécelle. Parallèlement, Don tombe sous le charme de Kathy Selden (Debbie Reynolds), jeune danseuse à la voix chaleureuse, que Cosmo Brow (Donald O’Connor) va désigner comme doublure officielle de Lina, lorsque les Studios décident de tourner le prochain « Lockwood et Lamont » en comédie musicale. Le Chevalier chanteur (The Dancing Cavalier), met alors en scène un spectacle musical d'un nouveau genre


HOMMAGE AU CINEMA MUET...


Il faut voir d'abord l'hommage que rend Stanley Donen au cinéma muet de son enfance. On rit de la façon dont Gene Kelly singe les mimiques expressionnistes des acteurs du muet mais on reste fasciné par la beauté des scènes de noir et blanc, par la stupéfiante agilité de Gene Kelly en mousquetaire et d'autre part par la maîtrise du cadre et des mouvements de caméra, qui montrent combien, avec l'humour, Stanley Donen salue autant une époque révolue qu'un art cinématographique.


... ET AU CINEMA PARLANT


Chantons sous la pluie est un des plus brillants hommages rendus aux pionniers du cinéma parlant. Le film illustre brillamment le passage du film muet au film parlant et la révolution qui l’accompagne. Chantons sous la pluie rend bien compte des derrières du décor et de ce que ce renversement implique comme changements et mésaventures.


C’est tout un pan de l’industrie cinématographique d’alors qui est dévoilé, de l’inadaptation de certaines stars bridées par leur voix, aux difficultés et autres incidents techniques, sous forme de gags le plus souvent irrésistibles.



LE BONHEUR A L'ECRAN


Chantons sous la pluie est l’incarnation de la joie en image. C’est une de ces œuvres qui provoquent une joie presque physique, un bonheur intense et ressenti par tous. Ce bonheur est véhiculé tout autant par la musique que par les chorégraphies. La musique entraine une fraicheur et un entrain accompagné de chorégraphies bondissantes et galvanisantes, marques de fabrique de Gene Kelly.


« Le film procède par extension : avec lui, on saura faire rire, dire bonjour, déclarer sa flamme, tourner en dérision l’enseignement trop rigide de la diction et faire de la pluie son alliée. Ce n’est pas pour rien si cette scène mythique est devenu l’une des plus emblématiques du 7ème art : elle matérialise le ruissellement émotionnel du personnage qui sait avec une grâce unique au monde contaminer le réel de sa félicité. » (Sens Critique).


"Singin' in the rain" est la chanson la plus célèbre du film et sans doute de l’histoire de la comédie musicale, dans laquelle Don exprime son bonheur amoureux en pataugeant comme un gamin sous une pluie ruisselante. Un moment euphorisant.


SCENE MYTHIQUE


A la première du film de Don, The Dancing Cavalier, le public veut que sa star, Lina (Jean Hagen) chante en direct. Alors que Lina mime Chantons sous la pluie face à son public, et que Kathy (Debbie Reynolds) reste cachée derrière le rideau pour interpréter la chanson, Don tire le rideau pour la dévoiler au public et la présenter comme véritable vedette du film. Cette scène finale s’avère comique, dramatique, romantique et annonce la fin du film.


Chantons sous la pluie est devenue LE symbole de la comédie musicale hollywoodienne et, étrangement, semble jouir d’une côte d’amour inaltérable et presque inexpliquée, même auprès de ceux, majoritaires, qui restent imperméables au genre. Ce sont 100 minutes de bonheur inoubliable où le film alterne des séquences drôles et burlesques, d’autres plus dramatiques, certaines romantiques. Bien évidemment, les numéros musicaux sont excellents ; que ce soit le célèbre passage qui donne son titre au film ou les débuts de Don et Cosmo avant leur entrée à Hollywood. La reconstitution des années folles, associée à la flamboyance du technicolor est parfaite. Merci Monsieur Donen.



Emmanuelle Flahault