La prévalence de la myopie chez l’enfant évolue-t-elle ? Quelle sont les informations disponibles ?

Une étude épidémiologique sur la progression de la myopie chez les enfants a été lancée en 2016 par le Professeur Nicolas Leveziel (CHU de Poitiers).

  • Echantillon de l’étude : 4,7 millions de personnes, 613 000 enfants, dont 136 333 myopes (patients de centres d'optique Krys).

  • Données de l’étude : amétropie < -0,5 D ; âge moyen 11 ans ; erreur de réfraction moyenne -2 D

L’objet de cette étude épidémiologique est de mieux appréhender l’incidence et la prévalence de la myopie par tranche d’âge, afin d’améliorer l’efficacité des actions de prévention et de soin.





QUELS SONT LES RESULTATS ET ENSEIGNEMENTS DE CETTE ETUDE ?


Selon le Professeur Leveziel : « Premier résultat global : sur la cohorte d’enfants, nous avons enregistré 25% de « progresseurs », c’est-à-dire pour lesquels la myopie s’accroît de plus de -0,50 D par an ». Mais ce pourcentage diffère selon l’âge :

  • 33,1% de 7 à 9 ans

  • 29,4% de 10 à12 ans

  • 22,3% de 13 à 15 ans

  • 20,6% de 4 à 6 ans

  • 14,9% de16 à 17 ans

Les chiffres de l’étude montrent que c’est entre 7 et 12 ans que la progression de la myopie est la plus forte.

« La moyenne de progression est plus forte entre 7 et 9 ans chez les enfants les plus myopes. On a pu mesurer également la proportion d’enfants qui vont développer une myopie forte dans les 5 ans : ceux entre -3 et -4D ont 16% de risque d’avoir une myopie forte, entre -4 et -6D, il s’élève à 58% ».

« Difficile de communiquer à partir de notre étude sur une prévalence par tranche d’âge, compte tenu de certains biais. Mais, avec 24% de myopes parmi les enfants de notre panel, nous devons être cependant proches de la réalité. L’important est surtout que nous pouvons désormais « cibler » la tranche d’âge à laquelle il est impératif d’agir : à partir de 7 ans pour les enfants dont la myopie est supérieure à -3D. »


COMMENT PARTICIPER A L'EFFORT DE PREVENTION ?


Grâce à cette étude en effet, les dispositifs les plus efficaces (orthokératologie, verres de freination myopique et lentilles de contact) pourront être affectés aux enfants les premiers concernés.

La prévention du risque d’aggravation du risque de prévalence de la myopie chez l’enfant passe par une meilleure information des parents. Ceux-ci doivent veiller à la bonne santé visuelle de leurs enfants en limitant l’exposition intensive à la lumière bleue des écrans (PC, téléviseur, téléphone portable) et des luminaires, en veillant aussi à ce que les enfants bénéficient d’un rythme de sommeil équilibré.


Des visites régulières chez l’ophtalmologue sont souhaitables à tout âge, en complément des visites chez le pédiatre.